la maison numerique

mardi, avril 04, 2006

message d'un lecteur du blog

Bonjour,

Si vous avez un peu de temps je me permets de vous envoyer ce mail et quelques questions (suite à la lecture de votre blog)...

Je suis en train de construire (en grande partie moi même) une maison et j'en suis au câblage de EIB (pour du matériel Merten ou Gira)

Je cherche en fait des conseils sur la topologie du câblage, et la meilleure façon de répartir le réseau sans dérouler des km de câbles... même si j'ai lu pas mal de fois que le câblage en étoile était conseillé pour des maisons neuves cela me parait contradictoire avec le principe du bus...

J'ai prévu de découper la maison en "zones" qui correspondent normalement aux "pièces" elles mêmes, ou à défaut à un espace plus vaste car les lieux sont assez ouverts. (par exemple entrée/salon/cuisine au RDC)

A l'intérieur de la zone le câble de bus arrive avec l'alimentation électrique jusqu'à l'interrupteur qui alimente l'éclairage, puis passe ensuite d'un acteur à l'autre. Les prises murales sont elles aussi connectées (je voudrais les couper en cas de non utilisation) Est-ce que ce principe est correct ?

Chaque pièce reçoit donc une alimentation électrique séparée pour l'éclairage, une pour les prises murales, et un câble de bus EIB standard (2 paires), plus un câble ethernet Cat5 pour le réseau "informatique" en général (y compris téléphone, etc.)

Une autre de mes question est la suivante : dans le cas où l'on connecte plusieurs acteurs sur le bus, est-ce que l'on doit connecter les fils ensembles via un module de type "entrées binaires" avec le nombre d'entrées désiré ou bien peut t'on les réunir ensemble sur un connecteur commun (comme l'on ferait avec en électricité avec un "sucre")

Bref en résumé je suis preneur de toute information sur le cablâge... :-)

Bon courage pour votre construction !

Cordialement,

Ph. T.


Tout d'abord merci pour ce message.
Il peut donc être nécessaire de rappeler certains éléments relatifs au câblage.
Je me limiterai ici à la description d'une installation basée sur un bus de type EIB / KNX.

Tout d’abord qu’est-ce qu’un bus ?
C’est un système de communication entre différents appareils où les informations devant circuler entre ces appareils partagent le même support physique, où chaque appareil possède une adresse lui permettant de sélectionner les informations qui lui sont destinées, et enfin où les appareils peuvent être mis « à la queue leu leu ». Certains modules sont des modules de puissance (un relais, un gradateur, …), certains modules ont une fonction de commande (bouton, capteur de passage, contact, …), certains émettent des informations plus générales (température, vitesse du vent…). Allez visiter le site Hager, http://www.hagergroup.fr/index.php?id=563

Le bus EIB transporte en outre une alimentation permettant d’alimenter les modules n’étant pas raccordés au réseau électrique.
Lors de la configuration du système, l’installateur donne une adresse a chaque module, et affecte les actions aux commandes (ex : le bouton XX allume la lampe YY).

En pratique, pour ma maison ça donne cela :



Trois bus principaux se rejoignent au tableau électrique et ensuite ce bus court de module de puissance en module de puissance dans le tableau.

Ensuite, chaque lumière et chaque volet sont raccordés directement au tableau donc en étoile. Ex pour les volets :



Les radiateurs sont raccordés en étoile au tableau avec 4 fils (phase, neutre, terre, et fil pilote). Le fil pilote permet de choisir le type de consigne (eco/confort/Off/hors gel). Les modules Hager du tableau gèrent directement cette fonction.


Voilà pour l’électricité.

Pour l’alarme, chaque départ de la centrale correspond à une zone (2 paires, une pour le circuit d’alarme, une pour l’autoprotection, c'est-à-dire que si le câble est coupé ou le détecteur débranché, l’alarme est déclenchée). Dans le cas de notre maison il y a plusieurs zones : périphérique maison, volumétrique maison, volumétrique garage, et alarme technique (détecteurs fumée). Chacune de ces zones est ramenée au local technique :



Pour l’informatique (incluant téléphonie), là pas de secret, tout en étoile vers le répartiteur général.

L’audiovisuel a été traité dans un précédent message.

Bon je crois avoir fait le tour, mais n’hésitez pas à me poser d’autres questions …

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mercredi, mars 29, 2006

premier apercu de l'architecture IP et Audiovisuelle

Je n'ai pas pu faire de photos de puis trois jours, et notre maison doit être proche d'avoir un toit.
La couverture devrait être achevée d'ici la fin de semaine.

Je profite d'être bloqué quelques heures dans un aéroport pour poster une première description de l'architecture réseau et Audiovisuelle de notre maison.

L'électricité est gérée en EIB/KNX (un peu de DMX512 mais j'en reparlerai à une autre occasion).
Je place un Mediacenter au coeur du système. Il est doté d'un chipset VIIV permettant le lui adjoindre des extenders.

Un écran tactile est placé dans la cuisine, mais son UC est dans le local technique. En effet, je veux pouvoir faire évoluer l'UC facilement, et mon écran devrait pouvoir supporter 3 générations successives d'UC sans devenir obsolète. Je préfère donc ne pas utiliser d'écran à UC intégrée. Quelle UC ? Je n'ai pas encore décidé: soit un client léger permettant la navigation l'accès à ExDomus, ... soit un MCE Extender, soit... connecté directement sur le serveur supportant ExDomus... pourquoi pas ?Le déport VGA et RS232 sera assuré par un déport cat5.

L'audio est centralisée car je veux pouvoir diffuser le même message ou flux synchronisé dans toute la maison. Je place donc un ampli multizone dans le local technique. J’ai besoin d'une grille audio 4x3 (en fait ce sera une 4x4) permettant de diffuser dans chacune des zones (salon/chambre/cuisine) une des quatre sources audio:

  • un player de media UPnP (type ROKU) contrôlable depuis une télécommande NEVO, et depuis l'interface Juke-box d'ExDomus donc par tous les écrans de la maison,
  • un PC raccordé à l'écran de la cuisine permettant de diffuser dans la cuisine le son des médias joués depuis cet écran,
  • le serveur d'automatisme qui lui pourra diffuser des messages généraux, et en particulier des messages d'alarme, des messages destinés aux éventuels intrus ou cambrioleurs...
  • Une Radio FM ... eh oui, on constate que les radios généralistes françaises n'ont pas vraiment fait d'effort pour être visible par tous en ligne. Certains flus existent, mais la qualité est déplorable. Donc, un tuner FM asservi à ExDomus.

J'ai aussi placé un NAS UPnP qui va présenter les médias audios aux players UPnP. Je pense qu'il gèrera aussi les sauvegardes des photos du Mediacenter.
Le home cinéma est volontairement isolé, car son usage est très indépendant du reste de la maison. Il est donc constitué d'une XBox 360 utilisée en Mediacenter extender raccordé à un ampli Home Cinéma local. L'Xbox permettra donc de diffuser la télévision (décodée sur le Mediacenter), de l'enregistrer et de consulter l'Electronic Program Guide, et enfin de piloter ExDomus. L'accès aux fichiers audio sera redirigée vers le répertoire du NAS.

Mais comme un dessin vaut toujours mieux qu'un long discours :


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vendredi, février 17, 2006

De la technique …

Je suis dans un train encore pour deux bonnes heures (connecté en 3G c’est génial !), je vais donc présenter en quelques lignes les caractéristiques technologiques de la maison.

Supervision :
Dans une maison, il existe plusieurs systèmes qui parlent chacun leur langage. Citons par exemple l’électricité, l’audiovisuel, la sécurité, le réseau informatique, le système de VMC, le portier … Et même dans un même domaine, il y a parfois des incompatibilité. Essayez donc de faire parler des volets SOMFY avec un autre système électrique …

Le système que je vais mettre en œuvre se veut reposer sur des standards. Il s’agit en fait de « convertir » la communication de chacun des systèmes dans un seul et même langage commun, et de placer sur ce réseau une machine qui va coordonner l’ensemble. Cette machine s’appelle un superviseur. Elle a pour fonction non pas de remplacer ou de s’intercaler dans la communication des machines entre elles, mais plutôt de permettre de faire communiquer entre eux des systèmes qui ne se parlaient pas afin de créer de la cohérence.
La norme que j’ai retenu est d’abord l’IP (Internet Protocol) base de tous les réseaux d’aujourd’hui, puis l’UPnP (Universal Plug and Play).
Le principe de l’UPnP est le suivant :
Quand un appareil UPnP arrive sur un réseau, tout d’abord il se présente (bonjour je suis un volet roulant !). Ensuite, il explique à tout le monde présent ce qu’il sait faire et comment on fait pour communiquer avec lui.
L’UPnP fonctionne pour des équipements électriques, mais aussi pour des équipements audiovisuels. En UPnP AV (pour Audiovisuel), on considère trois familles d’équipements : l’UPnP server (qui contient les médias à diffuser et les informations relatives à ces médias –titre / genre / auteur / album / pochette …), UPnP Renderer ou Player (c’est lui qui va restituer le média sur une chaîne HIFI ou sur un écran de TV, et l’UPnP controler (qui va permettre de choisir un titre sur le serveur et de l’envoyer sur un renderer.
Exemple de la puissance de la norme : Depuis ma télécommande NEVOSL (fabricant Universal Electronic), je décide de jouer un morceau stocké sur un PC DELL, ou un NAS (disque dur réseau), sur le player de média audio ROKU de ma cuisine, ou sur le Mediacenter du salon… Et depuis la même télécommande je pilote mes éclairages …

Bon, revenons à l’organisation de la maison autour de son superviseur.

Electricité :
J’ai donc choisi le système KNX (ex EIB). Chaque appareillage ou module a une adresse, et communique via un bus sur deux fils avec les autres. Chaque lumière, volet ou radiateur est raccordé à un module qui est lui aussi doté d’une adresse. Lors de la programmation du système, on donne au bouton l’adresse de la lumière qu’il doit piloter … ou les adresses des ensembles d’équipements créant une scène. Ce système est souple et reconfigurable à souhait. Là encore la force de la norme permet au bouton MERTENS de communiquer avec le module HAGER ou la VMS Helios …
Le rôle du superviseur n’est pas de s’intercaler entre le bouton et le module lampe, mais plutôt de tenir à jour dans sa base l’état de la lampe, et éventuellement de pouvoir lui aussi la piloter. Il va, par ailleurs, présenter au réseau IP de la maison l’ensemble des équipements KNX en UPnP, pour que les autres systèmes aient aussi un moyen de communiquer avec les équipements électriques.

Donc dans notre maison il y aura des équipements KNX, des gradateurs (qui permettent aussi de limiter la consommation d’énergie), des volets, des capteurs de températures, des commandes de chauffages (fil pilote) … Et des scénarios d’éclairages, de vie … commandées par les boutons, les télécommandes, ou par le superviseur.

Audiovisuel :
L’audiovisuel reposera sur une architecture UPnP AV et sur le Mediacenter Microsoft. Je ferai un autre jour un article complet sur le Mediacenter, car il le mérite. Donc le MCE (son petit nom !) sera musclé, et donc pas fanless, donc un peu bruyant (car une machine puissante fanless est encore chère), et sera situé dans le bureau. Il contiendra l’ensemble des médias (photos, musiques, vidéos) de la maison. Il aura aussi une carte de réception TV, TNT ou SAT je ne sais pas encore … Il contiendra un logiciel de présentation des médias en UPnP (pour le transformer en UPnP Server).
Dans la salle Home cinéma, un ampli avec un lecteur de DVD (Les lecteurs de salon sont meilleurs que les lecteurs de type informatique pour la vidéo), et une Xbox 360, qui outre le jeu (dont je ne suis pas un fan !) permet de se connecter au MCE du bureau et d’afficher en HD TOUTES les fonctionnalités du MCE (dont le pilotage domotique d’ailleurs !)… C’est le mode Mediacenter EXTENDER.
Dans la cuisine, un écran mural connecté au réseau et doté d’une application UPnP AV permettra de choisir les titre de musique ou la radio à diffuser dans la cuisine. La même installation prendra place dans notre chambre.
Dans la chambre des enfants, l’accès au média se fera sur les PC de mes filles via une application UPnP.
Dans le salon le contrôle des médias sera fait par la télécommande NEVO SL.
Chaque câble de haut parleur est ramené au local technique où seront positionnés les amplificateurs, et les renderer de média. Seuls les HP du home-cinéma sont raccordés directement à leur amplificateur situé dans la salle HC.

Sécurité :

Distinguons deux sous ensembles de sécurité l’alarme intrusion et technique, et la vidéosurveillance.
L’exigence de sécurité des systèmes d’alarme impose certaines règles à ne pas transgresser. Tout d’abord, si le superviseur est raccordé à l’alarme, on peut imaginer que le superviseur mette en service l’alarme, mais il ne faut en aucun cas que le superviseur (qui est susceptible d’être raccordé au réseau Internet) puisse désactiver l’alarme. Le superviseur peut éventuellement couper la sirène, mais la fonction de transmission de l’alarme au propriétaire ne doit jamais être désactivable à distance. Une solution radicale est de n’échanger avec l’alarme que par contact sec (relais tout ou rien). Il est facile de configurer une alarme pour qu’elle se mette en service, ou que la sirène soit coupée sur un contact impulsionnel. Ce contact peut être généré par le superviseur, et celui-ci ne peut effectuer aucune autre action.
Une alarme est prévue pour fonctionner même en cas de coupure de courant. Il faut donc que la chaîne d’actions que l’alarme peut déclencher soit elle aussi indépendante du courant.
La vidéosurveillance est bien sur prévue en IP. Certaines caméras UPnP existent aujourd’hui mais sont encore chère. J’ai prévu 6 caméras pour la maison, et plutôt que de payer pour 6 serveurs, j’ai choisi de ramener ces 6 caméras au local technique et de les raccorder à un serveur multicaméra. C’est non seulement plus économique, mais cela permet en plus des fonctionnalités difficiles à obtenir avec 6 caméras individuelles. De plus, en terme d’évolutivité, si un jour le standard de compression vidéo change, on ne touche ni aux caméras ni au câblage. Il suffit de changer le serveur. Les caméras sont câblées en cat7 et télé alimentées.

Remarque sur la coupure de courant :
Il est facile de faire disjoncter une installation électrique en mettant à la terre une ampoule ou une prise située à l’extérieur de la maison. En conséquence, tout équipement électrique situé hors de la zone protégée par l’alarme est ramené sur un disjoncteur séparé isolé du reste du réseau. En conséquence, si quelqu’un essaie de faire disjoncter la maison seul le circuit extérieur est coupé, et l’ensemble des systèmes de la maison (volet, surveillance, enregistrement, transmission Internet…) reste sous tension donc opérationnel.

Suite au prochain épisode …

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